jeudi 12 juillet 2012

Eldorado (Paris 10ème)

L'Eldorado en 1964, au temps du succès... - Document © SIAF/Cité de l'Architecture et du Patrimoine/Archives d'Architecture du XXe siècle - Cliché Anonyme

Le cinéma "Eldorado" a ouvert ses portes en 1933, à l'emplacement d'un ancien café-concert de 1858 portant le même nom.

Construit par l'architecte Paul Dubreuil, l'édifice en béton armé accueille une immense salle de 1500 places, derrière un hall d'entrée majestueux comportant deux étages de foyers-promenoirs !

Au fil des années, ce cinéma d'exclusivité connaîtra un inexorable déclin en raison de la désaffection du public, et cessera son activité en juillet 1981 après s'être spécialisé dans les films d'action et de kung-fu...

Grâce à l'inscription du hall d'entrée et de la salle à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 5 octobre 1981, l'établissement sera heureusement sauvé de la destruction et entamera une nouvelle carrière en tant que théâtre.

Pour d'obscures raisons juridiques, le théâtre a du troquer son beau nom d'origine contre celui de "Comedia"...

 Photo © Théâtre Comedia, janvier 2011 / Wikimedia Commons ® - Licence Creative Commons by-nc-nd 2.0

Localisation : Paris 10ème - 4, boulevard de Strasbourg

 

3 commentaires:

  1. Bonsoir Philippe,

    Il semblerait que 2 corrections soient nécessaires : la salle initiale faisait 2000 places, et l'activité cinématographique ce serait arrêtée en 1971 (http://www.theatreonline.com/Theatre/Theatre-Comedia/335#infostheatre).

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  2. Bonsoir,
    Pour la capacité il est toujours difficile de savoir les chiffres exacts...
    En revanche, pour la fin de l'activité, je possède un "Officiel des Spectacles" de 1981 : pour la semaine du 11 au 17 mars l'Eldorado proposait un double programme "Kung-Fu à Pékin" et "Dent pour dent"... tout un programme !

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  3. Oui oui, l'Eldorado a fonctionné dans les années 70 et j'y suis allé quelquefois à la fin de la décennie. Pas des souvenirs bien précis, pourtant je me souviens d'un très grand hall d'entrée et d'une salle immense avec ses balcons (mais juste l'orchestre est ouvert au clairsemé public). Une surprise à ma première visite ; l'écran, non moins immense que la salle n'est pas plat mais incurvé. Il me semble aussi ( j'aimerais qu'un autre lecteur de ce passionnant site me le confirme) qu'à cette époque il n'y avait pas de grands panneaux peints en devanture comme dans les autres salles ( et sur la photo )A vérifier.
    Pour la programmation, après le faste de l'après guerre l'Eldorado avait du mal à trouver un second souffle : reprise de grands films , ou de petits, comme "Prisonniers de la brousse" film d'aventures africaines d'un autre âge ( fin des années 70 , passer un film se situant "aux colonies" )avec Georges Marchal. Mais que j'étais content de voir sur cet écran dans une très bonne copie. Curieusement dans l'entrée, pas de matériel publicitaire français mais des affiches et Lobbies américaines. Pourtant le film est en VF. Un peu plus tard on change de genre et le cinéma cible la clientèle antillaise : Running man ( j'suis plus trop sûr du titre mais l'affiche montre un rasta en train de courir ) ou un autre film dont j'ai oublié le titre : un festival reggae filmé l'année précédente en Jamaïque ( Bien 10 mn , chiant pendant une heure, disait Michel Blanc...),ensuite c'est les double programmes évoqués par Philippe et du porno pour finir, mais en essayant de se démarquer. Car la vidéo commence à s'imposer. En face la Scala a installé la projection en VHS dans ses petites salles. L'Eldorado tente l'expérience et joue sur le fait qu'il projette des films X américains ( à cause de la taxation sur l'importation des films étrangers la majorité des films X diffusés dans les salles sont français, la vidéo n'est pas taxée ) ). N'y allant plus je suis pas sûr que cet argument commercial ai attiré beaucoup de monde . En tout cas sa vocation cinématographique n'a pas survécu longtemps.
    L'Eldorado est aussi un bel exemple de géo-localisation ou géo-programmation. Parce qu'il était un très beau cinéma, sa situation dans le quartier populaire de Strasbourg-Saint-Denis ne l'a pas favorisé sur la fin. Si sa taille et son faste attirait une clientèle nombreuse sur des exclusivités dans les années 50 / 60 , le Rex et l'Hollywood Boulevard ont ramassé toute la clientèle qui aurait pu plus tard le faire bien marcher. Sans doute aussi le propriétaire a raté le coche commercial d'une transformation en complexe dans les seventies. C'est paradoxalement ce qui lui a permis d'être classé et de survivre comme salle de spectacle.
    En 2016, on sait pas trop ce que l'ex-Eldorado va devenir, sur le boulevard de Strasbourg, plus beaucoup de cinemas mais une succession de coiffeurs africains . Au fait, le titre sur l'affiche américaine du film que j'avais vu il y a si longtemps: "Prisoners of the Congo ".

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