samedi 7 mars 2009

Strasbourg (Paris 10ème)


Retour sur les Grands Boulevards de Paris, avec ce cinéma à la longue histoire, hélas disparu dans l'indifférence générale, détruit par un incendie dans la nuit de Noël 1994 !

C'était pourtant l'un des plus vieux cinémas de Paris, ouvert en 1896, un an après l'invention du cinématographe. Partageant alors son activité avec un cabinet de figures de cire, le lieu devient entièrement dédié au 7ème art en 1904 et prend le nom de Cinématographe-Théatre Bonne Nouvelle, diffusant principalement des scènes d'actualités.

La salle de 300 places est rebaptisée "Cinéma de la Porte Saint-Denis" en 1911, et va projeter pendant 20 ans des films muets.

Le "Cinéma de la Porte Saint-Denis" à la fin août 1914 - Photo © Charles Lansiaux / BHVP / Roger-Viollet / http://www.parisenimages.fr/

 D'importants travaux de transformation sont effectués en 1931 pour améliorer notamment le confort et la ventilation, et à cette occasion le cinéma, rebaptisé "Saint-Denis-Cinéma", est équipé pour les films parlants, et le sens de la projection est inversé.

Le "Saint-Denis-Cinéma, visible sur la gauche de la carte postale - Photo libre de droit (Domaine Public)

Jusqu'en 1959, le cinéma sera spécialisé dans les westerns et les films policiers, puis il change de propriétaire et de nom, prenant celui avec lequel il finira sa carrière.

Le "Strasbourg" en avril 1961

Spécialisé dans les séries B et Z, le cinéma devient pornographique en 1972, et sombre petit à petit dans la déchéance, n'étant plus entretenu... en témoignent la marquise rongée par la rouille et servant de refuge aux pigeons, l'enseigne néon toujours éteinte, et l'affiche immuable "2 films au même programme - Interdit aux moins de 18 ans"...


Après sa fermeture, la façade sera régulièrement recouverte d'affiches sauvages, et restera en l'état de nombreux mois...


Puis un jour, sans surprise, c'est un vidéo-sex-shop "flambant neuf" qui prendra la place du défunt centenaire, les cabines individuelles remplaçant alors les vieux fauteuils de cuir rouge !

Localisation : Paris 10ème - 8, boulevard Bonne-Nouvelle


7 commentaires:

  1. le Strasbourg était a coté du Midi-minuit (cinéporno'
    le Strasbourg avait un petit écran 'bombé' et avec angles arrondies
    il y avait de 'drôles' spectateurs dans ce KINOS

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  2. Le Midi-Minuit n'était pas à côté du Strasbourg, mais au 14 boulevard poissonnière !

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  3. Et le sex shop est devenu depuis quelques mois un Naturalia, magasin bio....

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  4. Et particularité de ce cinéma (comme certains autres mais rares), on rentrait dans la salle par une porte à côté de l'écran;

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    1. Un autre cinéma ayant la même particularité (porte à côté de l'écran) était le Cyrano-Sébastopol, sur le boulevard du même nom.

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  5. Je n'ai pas trop fréquenté cette salle de Strasbourg Saint Denis, pas très confortable ni bien fréquentée. Dans mon souvenir on entrait , comme au Bosphore, sous l'écran, de plein pieds, dans une salle pas très grande , au public clairsemé. Il y avait des drôles de prix ( du genre 7, 95 francs avant 14h, 8,15 après) et la pauvre caissière trônait dans une petite cage presque sur le boulevard. Quelques impressions de mes rares visites dans cette salle, un froid glacial ( j'avais du y aller en hiver et le chauffage brillait par son absence ), un public plutôt inquiétant du genre regards obliques , mains balladeuses et , côté programmation, même dans le porno, le fond du fond du cheap. Le souvenir que , dans je ne sais plus quel titre, s'était glissée quelques minutes d'une séquence cent pour cent homo ( alors que ce n'était pas la vocation du Strasbourg ! )et sans aucun rapport avec le reste du film projeté, tout çà sans la moindre réaction du distingué ou endormi public. Sur la fin , je crois que la salle était fréquentée par dealers et consommateurs de drogues dures. Du moins les gens trainant devant la salle et le troquet voisin n'encourageait pas la plus chaude sympathie. Bref, l'idéal pour illustrer la légende des salles mal famées qu'à pu connaître ce quartier ! Un titre de gloire et d'immortalité tout de même, à vérifier, dans une courte scène de, il me semble, " le sucre " , on voit Jean Carmet pénétrer (! ) au Strasbourg. A ses risques et périls .

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